

Non : la thèse d'une origine purement païenne de Noël ne résiste pas à l'examen historique. Le 25 décembre comme date de la naissance du Christ est attesté par des écrits chrétiens antérieurs à Constantin, et confirmé indépendamment par un calcul fondé sur les rotations sacerdotales juives retrouvées à Qumrân. Les objections courantes, recensement d'hiver, bergers dans les champs, divinités païennes nées le même jour, ne tiennent pas non plus à l'analyse.
« Noël » vient du latin natalis (« de naissance »), élision de natalis dies (« jour de naissance »). Beaucoup d'articles et de personnes sincères soutiennent que le Christ n'est pas né le 25 décembre et que cette date serait purement païenne. Après avoir fait des recherches sérieuses, voici ce que l'auteur a découvert.
Il est vrai que le mythe du père Noël est à éviter et à dénoncer. Le Seigneur nous a ordonné de ne pas appeler les hommes « père », car un seul est notre Père céleste (Matthieu 23.9). Mais la date du 25 décembre et la célébration de la naissance du Christ sont une autre question entièrement.
L'Église n'a pas oublié la date de la naissance du Christ. Certains imaginent que le Christ est né plutôt pendant la fête des Tabernacles en automne, mais les témoignages historiques pointent vers le 25 décembre.
Ces témoignages, antérieurs à Constantin, montrent que la tradition du 25 décembre précède toute influence impériale romaine.
Des découvertes récentes fournissent un argument supplémentaire solide. Les prêtres du Temple de Jérusalem étaient répartis en 24 classes sacerdotales (1 Chroniques 24.1-28), chacune servant au Temple à tour de rôle.
Zacharie, père de Jean-Baptiste, était de la classe d'Abia (Luc 1.5). L'ange lui apparut pendant son service au Temple.
Un fragment trouvé dans les grottes de Qumrân (4Q 320-330) contient le calendrier des rotations sacerdotales. Selon ce document, la classe d'Abia officiait fin septembre. La conception de Jean-Baptiste tombait donc à la fin de septembre, ce que confirme d'ailleurs le calendrier byzantin qui fête la conception de Jean-Baptiste le 23 septembre.
Luc 1.26 précise que l'Annonciation a eu lieu six mois après la conception de Jean. Donc :
Toutes les dates concordent parfaitement. L'argument est indépendant de toute tradition ecclésiastique. Il repose sur des documents juifs anciens.
Certains soutiennent que le recensement de César Auguste n'a pas pu avoir lieu en hiver. En réalité :
Le savant anglican Alfred Edersheim, dans La vie et l'époque de Jésus le Messie, explique qu'un passage dans la Mishna indique que les troupeaux autour de Bethléem étaient dehors toute l'année, même en hiver, car ces troupeaux étaient destinés au Temple.
Bethléem possède un climat méditerranéen : la température moyenne en décembre est de 14°C et les nuits descendent à 10°C. Les bergers et leurs troupeaux pouvaient parfaitement être en plein air à cette époque. De nombreux visiteurs de Bethléem en décembre témoignent de la présence de bergers avec leurs troupeaux dans les champs.
Une opinion répandue veut que le 25 décembre soit la date de naissance de divinités païennes comme Mithra. Ces affirmations sont majoritairement sans fondement historique.
Beaucoup de ces déclarations proviennent d'Alexander Hislop, qui a écrit Les Deux Babylones en 1853, un ouvrage dont les thèses sont aujourd'hui largement réfutées par les historiens spécialisés. Le savant Roger Beck, spécialiste du mithraïsme, qualifie l'idée selon laquelle la naissance de Mithra était associée au 25 décembre de « la plus démodée des théories ».
La réalité historique est inverse : c'est l'empereur Aurélien qui, en 274 apr. J.-C., a imposé son culte du Soleil en fixant la date de la renaissance de son dieu soleil au 25 décembre, précisément pour concurrencer la fête chrétienne déjà existante. Les apologistes Justin et Tertullien dénonçaient déjà à leur époque le plagiat mithraïque des rites chrétiens.
Il existe des liens étonnants entre Noël et la fête juive d'Hanoukah, célébrée le 25 Kislev (qui correspond souvent à fin novembre/décembre).
Après la profanation du Temple de Jérusalem par Antiochus Épiphane, les Maccabées reprirent le Temple et le purifièrent. Lors de la purification, il ne restait plus qu'une petite fiole d'huile consacrée pour la Ménorah, de quoi brûler une seule journée. Par miracle, cette huile brûla pendant huit jours complets. Hanoukah (« inauguration » en hébreu) commémore ce miracle.
Il est probable que les premiers chrétiens issus du judaïsme aient perpétué la célébration d'Hanoukah en Noël, sachant que la naissance du Christ avait eu lieu autour du 25 décembre/Kislev.
Le 25 décembre est la date la plus probable de la naissance de Jésus-Christ, attestée par des sources historiques antérieures à Constantin et confirmée par les découvertes de Qumrân. L'accusation d'origine purement païenne repose sur des sources non fiables du XIXe siècle.
La naissance de Jésus-Christ fait intégralement partie de l'Évangile. Tout vrai chrétien a le droit et la responsabilité d'annoncer l'événement le plus important de l'histoire humaine : la venue du Fils de Dieu dans notre monde.
À Noël comme tout au long de l'année, exaltons notre Seigneur Jésus-Christ en annonçant sa naissance et tout l'Évangile, car il est Lumière du monde !